©Marie-Eve Larivière

December 9, 2017

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Pas assez dormi

December 9, 2017

 

 

6h15 am.

Mal dormi.

 

T’as la face d’une fille qui aurait géré quatre enfants quadraplégiques en gastro toute la nuit.

 

Direction cafetière. Un lien va bientôt s’établir entre tes neurones à l’état d’amibe.

 

Fuck ! Pu de lait, de vache, de soja, de riz, d’amandes! Pu de crème ! Pu de fun !

Ce sera noir comme ta joie.

 

Du retard. Sprint à la salle de bain. Verres de contact pulvérisés dans chaque œil, le zona serait moins brutal.

 

Tout en brossant tes dents, tu cherches tes précieux. Lunettes fumées de marque,  sac à main griffée, sandales idem. J’aurais pu tout aussi bien dire escarpins mais je n’aime pas les mots qui finissent en scarpin.

 

Tu sors en trombe avec ton breuvage fumant.

Tu plonges dans ta voiture. Fuck ! Du café sur ta robe. Tu craches sur le tissu et frottes avec tes doigts. Ça marche ! Tu te recules dans ton siège et expires bruyamment. Refuck ! Allo le voisin ! Il peut bien aller chier, il n’est même pas célibataire.

 

Tu fonces. Yé ! Une lumière rouge.  Avec la précision d’une escrimeuse, tu sors ton rouge à lèvres et tu commences l’application. Bip ! Bip ! Verte, tu repars. La radio annonce que l’économie va mal. Une pub, deux pubs, trois pubs marlo !

 

Fin du graissage coloré, tu observes l’homo erectus dans la voiture voisine. Un petit filet de bave lui coule littéralement des babines. C’est pas l’heure matinale, ni les allergies saisonnières, ni la vue d’un gros May west qui le rendent ainsi. Non !

 

C’est la pitoune blonde sur le bord de la rue. Ouais, elle déambule, légère et très bleachée, dans une robe rouge comme ton orgueil, et ses mèches crées une auréole, une aura de sexappel infini.

 

Au ralenti, comme un film de Dolan, t’as le temps de laisser monter ta jalousie et même d’éprouver de la haine pour le baveux et la fée.

 

Bip ! Bip ! Verte. Grosse gorgée de café brulant. (mot de quatre lettres surutilisé commençant par F)

 

Tu accélères, freines, accélères (une toune de Boom Desjardins plus tard) GRRRRR ! Tu freines. Tu es arrivée à cette rencontre de la plus haute importance. Un œil au rétro-vicieux, les dents ne sont pas tachées. Merci la vie. Eject du char.

 

Profonde inspiration, une attitude funky, trendy, hot, naturello-urbaine, tu entres. À la réception, il y a une grande échalote (on doit dire : oignon vert) avec son balayage impeccable et ses ongles en pléstik. Bref, l’oignon vert t’ignore avec un professionnalisme universitaire. Elle a même un doctorat en autisme.

 

Tu poirotes, tu fais semblant de chercher un truc important dans ton sac à main. C’est long comme un show de mime.

 

Elle griffonne, et voilà elle daigne te regarder. Tu rougis !

 

-Bonjour !

-Vous avez rendez-vous ?

-Oui (C’est évident tabarn…Le soleil est à peine levé, si tu te forces un peu tu pourrais peut-

être même encore voir la lune !)

-Allez-y ! (ti mouvement de tête vers la droite comme on dresse un caniche royal)

 

T’es bien élevée.

 

-Merci !

 

Tu croises Bradon, vachement bien fringué,  air de maestro, tout en souplesse. Surtout pas de bonjour, pas de salut. Le mot d’ordre : on reste dans notre bulle.

 

Il y a Prunelle, racée, excentrique et bitch en même temps. Pas évident à atteindre. Bravo Prunelle !

 

Tu arrives enfin là où les rêves se concrétisent, là où l’estime en prend : soit pour son rhume, soit c’est le Nirvana.

 

Un Asiatique gai.

 

-Woulll you like a coffee ? Ollll something ?

 

En anglais, bien sûr, il vient  de Brossard juste à côté de Brooklyn.

 

-M’as t’en prendre un ‘’siteplait’’, avec ben du lait !!!

-L’Asiatique qui préfère les brutes (surtout avec un scrotum):C’est beau ton blush.

 

Tu poses tes fesses trop souvent autocritiquées sur la chaise du : tout est possible.

 

Et soudain tu la vois, Kloé, avec un K, ou plutôt tu la sens. Tant qu’à acheter du parfum chez Holt Rinfrette, aussi ben qu’il arrive dix minutes avant toi. Elle te regarde, elle sourit, renaissance.

 

-Hi chérie ! Qu’elle dit.

-Allllllllo toi !

-On fait comme d’habitude?

-Non.

 

Silence. Elle jubile.

 

-Aujourd’hui, je veux être blonde.

 

 

© 2017 Marie-Eve Larivière


 

 

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